Du rire et des larmes dans l’histoire de l’art – Of the laughter and the tears in the art history

En figurant le désespoir d’Adam et Eve chassés du Paradis, Masaccio fait entrer les émotions dans l’histoire de l’art et donne de l’humanité une vision très éloignée du stoïcisme qui avait prévalu jusqu’alors. On ignore la réaction des commanditaires de l’oeuvre et du petit peuple de Florence lorsqu’ils virent pour la première fois cette oeuvre dans la chapelle Santa Maria del Carmine, mais ils furent sans doute stupéfaits.

Le changement est radical. Sans doute trop. A l’instar de la révolution copernicienne, la figuration des émotions, non plus par les gestes, mais par l’expression du visage, renvoie l’image d’une humanité consciente de sa fragilité. Ce qui explique que cette conception mettra du temps à faire son chemin. Beaucoup de temps.

Certes, à compter du XVe siècle, chaque époque compte un chef d’oeuvre axé sur l’expression d’une émotion qui symbolise, du reste, assez bien l’état d’esprit propre à chaque période. Le sourire de la Joconde illumine le XVIe siècle. L’extase de sainte Agnesse incarne magnifiquement la joie qui explose au XVIIe siècle. L’effroi du Tres de Mayo peint au XVIIIe siècle sonne comme une désillusion tandis que Le cri de Munch préfigure les grands boulversements du XXe siècle. 

Mais, durant quatre siècle, l’expression artistique des émotions reste un phénomène marginal et, le plus souvent, cantonné à des univers très spécifiques (les musiciens, les banquets populaires, la mythologie…).

En fait, il faut attendre l’avènement des arts populaires de la bande dessinée et du cinéma au XXe siècle pour que les émotions s’imposent comme un des traits majeurs, sinon l’essence même de l’humanité.

Emotion In Art retrace l’histoire des émotions dans l’art, depuis ses prémisses dans l’Antiquité en passant par l’étape clé de Massaccio jusqu’aux premières bandes dessinées et aux premiers films muets avant que la photographie ne se saisissent à son tour de cet extraordinaire sujet.

En attendant le livre à paraître prochainement.

 Franck Gintrand

 Ce blog s’inscrit dans le prologement d’un article consacré à ce sujet sur un autre blog : « La fin de la figure stoïque selon Masaccio » – Ante-clichés©

Oeuvres et artistes clé des émotions

Adam et Eve chassés du Paradis  de Masaccio

Le chagrin de la descente de croix de Van der Weiden

– La Joconde et tous les tableaux souriants de Leonard de Vinci

L’extase de Sainte Thérèse du Bernin

– Plusieurs tableaux de Caravage

– Plusieurs tableaux de Rembrandt

– Plusieurs tableaux de Ribera

Le Très de Goya

– Le cri de Munch

– La lune de Lumière

– Le Kid de Chaplin

Migrant Mother de Lange

Cohn Bendit de Caron

– etc.

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Of the laughter and the tears in the art history

By representing the despair of Adam and Eve chased away from the Paradise, Masaccio admits the feelings to the art history and gives of the humanity a vision very remote from the Stoicism which had prevailed until then. We ignore the reaction of the financiers of the work and the common people of Florence when they transfer(fire) for the first time this work in the chapel Santa Maria del Carmine, but they were doubtless stunned.

The change is radical. Doubtless too much. Following the example of the Copernican revolution, the representation of the feelings, either by gestures(movements), but by expression of the face, sends back(dismisses) the image of a humanity aware(conscious) of its fragility. What explains that this conception will put of time(weather) making its road. A lot of time(weather). 

Certainly, as from the XVth century, every time(period) counts a masterpiece centred on the expression of an emotion which symbolizes, besides, well enough the appropriate(clean) state of mind every period. The smile of the Mona Lisa illuminates the XVIth century. The ecstasy of saint Agnesse embodies splendidly the enjoyment which explodes in the XVIIth century. The dismay of the Tres de Mayo painted in the XVIIIth century rings as a disappointment whereas The shout of Munch prefigures the boulversements big of the XXth century. 

But, for four century, the artistic expression of the feelings stays a marginal phenomenon and, mostly, quartered in very specific universes (the musicians, the popular banquets, the mythology).

  Emotion In Art redraws the history(story) of the feelings in the art, since its premises in the Antiquity(Antique) by way of the key stage of Massaccio up to the first comic strips and in the first silent movies before the photography seize in his turn this extraordinary subject.

 
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